Préparatifs du “Brin de tempêtes” : Odonates et Climats

Odonates et Climats

Mise en place d’une première rencontre virtuelle programmée le 27 novembre 2022 (matin)

Quelques généralités

Alors que les diplomates cherchent des solutions pour appliquer le protocole de Kyoto dans les conférences internationales, les observateurs de terrain, qu’ils soient scientifiques ou simples naturalistes, constatent déjà des faits troublants dans nos régions. Ainsi, depuis quelques années la fréquence de certaines espèces de libellules originaires des contrées plus méridionales de l’Europe a augmenté de façon significative en Wallonie, ce qui constitue une indication assez claire d’un réchauffement de notre climat (Goffart & de Schaetzen 2001).

La fin du mois de septembre se traduit habituellement en Europe centrale par un déclin marqué du nombre d’espèces d’Odonates actifs. On compte 19 espèces visibles à l’état imaginal après le 15 octobre dont certaines peuvent avoir une activité reproductrice jusqu’en novembre et supportant les premières gelée automnales (Monnerat 2001). Les changements climatiques étudiés dans l’Hémisphère nord, révèlent tant dans le domaine Paléarctique que le domaine Néarctique, une expansion vers le nord d’espèces d’origine méridionale. En Angleterre ceci se traduit par la disparition d’espèces dans les secteurs méridionaux comme Leucorrhinia dubia et l’expansion rapide de certaines espèces avec l’arrivée et l’installation d’espèces comme Erythromma viridulum (Parr 2010). En complément aux changements de répartition, les émergences sont bien plus précoces, par contre cela n’est pas clair pour les dates tardives.
Les changements climatiques ont des conséquences sur la phénologie des Odonates. Au Sri Lanka, la plupart des Odonates émergent avec le début des pluies de mousson et sont actifs pendant toute la saison correspondante. Des espèces endémiques des forêts humides ne volent qu’entre avril et octobre, alors que celles des zones sèches sont plus abondantes entre novembre et avril (Sumanapala 2020).
Sur les secteurs d’étude, près de 33% des espèces d’Odonates ont disparu ou ont fortement décliné sur le dernier siècle. Il s’agit de spécialistes temporaires des eaux lentiques ou lotiques ou des espèces adaptées au froid. 12% environ sont nouvelles ou ont considérablement augmenté. Ce sont des spécialistes permanents des eaux lentiques et des espèces adaptées au chaud. Ces tendances supposées s’expliquent par des phénomènes d’origine anthropique : drainage, utilisation des terres, pollution et climatique (Assandri 2020).

Les libellules, sentinelles des effets des changements climatiques (Sentinelles du climat – Vidéo)

Daniel M. & Mazzocco F. 2018 – Sentinelles du climat. – Cistude Nature (Vidéo)

Animations, actions, conférences…

  • 19 et 20 avril 2014 – OdoRunAlpes en Savoie, Ste Hélène du Lac, recherche de Sympecma paedisca – Compte-rendu annuel PDF
  • 3 et 4 mai 2014 – OdoRunAlpes Libellules précoces Bresse et Dombes, Viriat, Epitheca bimaculata, Leucorrhinia pectoralis – Compte-rendu PDF et Compte-rendu annuel PDF
  • 4 et 5 octobre 2014 – OdoRunAlpes dans la Drôme, Aouste sur Sye, Fête de la Science, à la recherche des Libellules tardives, Chalcolestes viridis – Compte-rendu annuel PDF
  • 7 et 8 novembre 2015 – Les OdoRunAlpes et Libellules s’invitent à la Gare des Ramières, Exuvies, Libellules tardives – Compte-rendu en ligne
  • 23 août 2021 – Jean-Michel Faton (président du Groupe Sympetrum) suggère à Amélie Le Mieux (OFB – Office Français de la Biodiversité) de développer un indicateur Odonates et changements climatiques.
  • 23 décembre 2021 – Jean-Michel Faton prend contact avec Amélie Le Mieux dans le cadre de l’appel à projet de l’Office Français de la Biodiversité sur les bioindicateurs afin de proposer les Odonates comme nouvel indicateur. – Voir aussi Faton & Deliry 2021.

Références bibliographique (Classement chronologique)

Voir la liste complète des références

Thèmes abordés dans la littérature (voir références ci-dessus)

  • Problématiques Odonates et Climats : Goffart & de Schaetzen 2001, Goffart 2006, Ulmer 2006, Hassal & Thompson 2008, Ott 2008, Grand 2009, Groppali 2009, Lafontaine & de Schaetzen 2009, Beatty & al. 2010, Parr 2010, Ott 2010 (2 articles), Walther & al. 2010, Robinet & Roques 2010, de Knijf & al. 2011, Moussu 2011, Bush & al. 2014, Piché 2014, Faton 2015, Faton 2019
  • Modèles prédictifs généraux : Lamouille-Hébert 2018
  • Témoins des changements climatiques : Hassal 2015, Daniel & Mazzocco 2018, Hoffmann 2019
  • Biologie et traits de vie : Norling 1984, Wellenreuther & al. 2009, Dalkzochio & al. 2020
  • Adaptations : Faton & Deliry 2016
  • Modèles prédictifs sur la Biologie ou l’Ecologie : Pinckert & al. 2018, Starr & McIntyre 2019
  • Migrations : May 2013
  • Changements de répartition : Rossi & al. 2018, Termaat & al. 2019, Cerijni & al. 2020
  • Expansion de l’aire vers le nord : Hickling & al. 2005, Shin & al. 2021, Pélissié & al. 2022
  • Expansion d’espèces méridionales : Goffart & de Schaetzen 2001, Ott 2001, Goffart 2010, de Knijf & Anselin 2010, Khrokalo 2010, Watts & al. 2010, Berquier & al. 2017, Gheza & al.
  • Changements de cortèges : Flenner & Sahlen 2008, Kalfayan & Taylor 2020
  • Modèles prédictifs de répartition : Sánchez 2016, Lamouille-Hébert 2020
  • Changements de phénologie : Hassal & al. 2007, Grand 2008
  • Observations plus précoces : Deliry & Faton 2019
  • Observations plus tardives : Monnerat 2001, Deliry 2003, Turiault 2004
  • Modèles prédictifs de la phénologie : Richter & al. 2008
  • Modification du nombre de générations : Braune & al. 2008
  • Implications génétiques : Swaeger & al. 2013
  • Interactions avec les espèces en place : Suhling & Suhling 2013
  • Conséquences sur la conservation : Sumanapala 2017, Deliry 2019 (2 articles), Sánchez-Bayo & al. 2019, Nakanishi & al. 2020, Sumanapala 2020
  • Communication et vulgarisation : de Schatzen & al. 2005
  • A préciser : Terzani 2003, Cordoba-Aguilar 2008, Riservato & al. 2009, Samway & Simaika 2016, Taylor & al. 2021, Buczyński & al. 2022

Liens internets (supplémentaires)