Stylurus flavipes (de Charpentier, 1825)

Gomphe à pattes jaunes

syn. – Gomphus flavipes (de Charpentier, 1825)

Berne (An.II) – Directive Habitats (An.IV) – Espèce protégée en France

NT 2009 Bassin méditerranéen – LC 2010 Europe – LC 2016 (EN 2009) France

Espèce eurasiatique. Elle est essentiellement présente dans le domaine tempéré depuis l’ouest de la France (cours de la Loire) à l’est de la Sibérie. Son aire très fragmentée en Europe occidentale, tends à se reconstruire suite à une certaine dynamique de progression de ce taxon.

Le Gomphe à pattes jaune vit sur des rivières et surtout des fleuves de grandes vallées alluviales comme celles de la Loire, de la Saône ou du Rhône, en France. Les embâcles forment volontiers des zones au cours localement ralenti qui sont privilégiées par les femelles pour la ponte. Les substrats pas trop fins, comprenant des sables moyens à grossier sont occupés par les larves qui peuvent vivre exceptionnellement jusqu’à 7 m de profondeur, mais préférant des eaux peu profondes. Lors des crues les dérives des larves les conduit à terminer leur développement dans des habitats moins typiques comme les boires déconnectées du cours de la Loire. Sur le cours de ce fleuve les émergences se concentrent dans les zones au courant le plus lent. Au cours de la phase de maturation les adultes sont susceptibles de grands déplacements. La distance de 25 km a dûment été constatée en Allemagne.

Vole de début juin à mi septembre. Les émergence se déroulent sur des périodes de durée variable ; elles ne sont pas synchronisées. La période de maturation dure deux semaine et est suivi par des comportements reproducteurs, notamment de pontes. Le développement larvaire dure de 2 à 4 ans. Les adultes vivent entre 30 et 40 jours.

Les accouplements se font en vol et durent souvent plusieurs minutes, pouvant se poursuivre jusqu’à 25 minutes.

PNAO (2011-2015) – Dupont (2010) parle pour la France de populations situées principalement à basse altitude dans le Bassin de la Loire. Celles connues ou récemment découvertes dans le Rhône, Saône comprise, l’Adour et le Rhin sont dites isolées. L’espèce qui semble en progression a été découverte par ailleurs sur l’Aude. Des liens ont été souvent été établies entre les autres populations, certes sous l’effet de prospections spécifiques, mais aussi probablement en raison d’une augmentation des populations. La découverte en 2007 d’une exuvie sur l’Ile de la Platière a provoqué une recherche ciblée de l’espèce sur la région dès 2008. Celles-ci se sont révélées très positives et ce sont plus de 150 exuvies de cette espèces qui ont été trouvées sur 33 communes entre Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et le Péage-de-Roussillon (Isère). La recherche ciblée d’exuvie est très efficace, car sur la même période ce ne sont que 6 imagos, répartis sur 6 communes qui ont été observés ! On note pour cette espèce un effet prospection, mais il semble couplé à une dynamique de progression de l’espèce, ceci augmentant notoirement le nombre de mentions dans le Bassin du Rhône depuis 2007.

Bourgogne – L’espèce a été l’objet de recherches en Saône-et-Loire dans le Bassin de la Loire en 2008 et 2009 (Grand 2009). Par ailleurs les Gomphes ont été étudiés en 2003, 2004 et 2008 par la Société d’Histoire Naturlle d’Autun. En conclusion de nombreuses observations ont été rapportées sur les cours de l’Allier et de la Loire. Par ailleurs l’espèce a été indiquée ponctuellement sur le cours du Doubs.

Franche Comté – Espèce considérée comme disparue de la région (Dupont 2010).

Références

  • Dupont P. (coord.) 2010 – Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. – OPIE/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp. – PDF LINK
  • Grand D. & al. 2009 – Gomphus flavipes (Charpentier, 1825) redécouvert dans le bassin hydrographique du fleuve Rhône (Anisptera, Gomphidae). – Martinia, 27 (1).