Oxygastra curtisii (Dale, 1834)


Espèces de France métropolitaine, Oxygastra, Oxygastra curtisii / lundi, avril 12th, 2021

Cordulie à corps fin

Oxygastridés

NT 2001 Biosphère – LC 2009 Bassin méditerranéen – NT 2010 Europe – LC 2016 (VU 2009) France – Protégée en France – Directive Habitats an.II+IV

Répartition

Espèce atlanto-méditerranée et des secteurs périphériques. Elle est très localement au Maroc et se trouve principalement dans la péninsule Ibérique, la France atlantique et méridionale ainsi que sur une partie de l’Italie. Elle atteint localement le nord de la France, le Luxembourg, la Belgique et l’ouest de l’Allemagne. Disparue de Grande Bretagne et du Pays Bas.

PNAO (2011-2015) – On la trouve plus volontiers dans le sud du pays, mais elle atteint le Bassin parisien ainsi que très localement le nord de la France.

Assez commune dans le sud-ouest de la France et dans l’essentiel de la région méditerranéenne. Avant les années 1990 l’espèce était rare ou absente dans les autres secteurs du pays. Elle est en extension vers le Nord, accompagnée par une nette augmentation de la fréquence des observations et la découvertes de sites de reproduction (Ternois & al. 2007, Ternois & Lambert 2011, Neveu & Hubert 2013).

Alsace, première mention en 1994, mal connue (Klein & Exiger 1995), non retrouvée (Dupont 2010), Champagne Ardenne (Ternois & Barande 2005, Ternois & Lambert 2011), Lorraine, en limite d’aire (Dupont 2010), Midi Pyrénées (Coste 2011), Picardie, en limite d’aire (Dupont 2010).

Ardenne (Coppa 1990), Bouches du Rhône (Iorio 212), Aube (découverte en 1991, G.Coppa ; Ternois & al. 2007), Dordogne (Doucet 2009), Haute Savoie (Bal 1996), Loir et Cher (Defontaines 2007), Marne (Copa 1990, Ternois 2006), Meuse (Coppa 1990), Rhône (Grand 1998), Somme, découverte en 1997 par L.Gavory, les observations se multipliant ensuite, découverte de la première exuvie en 2005 (Neveu & Hubert 2013).

Habitats

Vit dans les eaux peu courantes ainsi qu’au niveau de certains plans d’eau, y compris des gravières aux berges battues par les vagues ou quelques étangs. Le rivage de ses stations est souvent ombragé. Les larves se tiennent sur un substrat sablo-limoneux, parfois plus grossier, couvert de débrits organiques ou dans les chevelus racinaires. Les lacs préalpins aux rives battues par les vagues sont occupés au niveau des trottoirs lacustres (Lacs d’Annecy, du Bourget, d’Aiguebelette notamment). Elle ne dépasse pas les 800 m d’altitude en France, et, approche cette valeur très ponctuellement. On la trouve souvent plus bas. Nous l’avons vu, l’espèce peut s’éloigner notablement de ses sites de reproduction en période de maturation et alors y retourner. On connaît dans l’Ain des éloignements de plusieurs dizaines de kilomètres pour cette espèce.

Contrairement à sa réputation, cette espèce n’est pas une rhéophile stricte. Les exuvies ont été découvertes dans la Somme sur les berges de grands plans d’eau poissonneux et très ensoleillés avec des eaux profondes (1,5 à 3,0 m). Les eaux sont limpides et relativement pauvres en hydrophytes et les rives étonnamment dépourvues de ligneux (Neveu & Hubert 2013). Dans son aire principale, l’espèce est associée aux cours d’eau ainsi que sur quelques plans d’eau, alimentés par la nappe phréatique. A mesure qu’on s’éloigne du centre de répartition, les plans d’eau oligotrophes ou mésotrophes sont de plus en plus souvent utilisés de manière préférentielle comme dans le Bassin de la Loire ou en Alsace (Herbrecht & Dommanget 2006) ainsi qu’en Champagne Ardenne où les cours d’eau sont cependant aussi occupés (Ternois & al. 2007, Ternois & Lambert 2011). On trouve cette espèce sur quelques grands lacs comme celui d’Annecy (Bal 1996), elle se développe alors au niveau du trottoir en eau relativement profonde et limpide, brassée par les vents et émerge en absence de ripisylve (C.Deliry, com. 2021), Neveu & Hubert (2013) associant la présence de l’espèce aux qualités trophiques pauvres, voire moyenne.

Phénologie

Vole principalement de début mai à début septembre, la période des émergences s’arrêtant vers la mi juillet. La maturation dure une dizaine de jours. On trouve alors des individus sur des milieux terrestres, souvent arbustifs, ou sur des lisières souvent éloignés des gîtes larvaires. Les pontes sont effectuées entre mi juin et fin août. Le développement larvaire est de 2-3 ans.


Références

  • Bal B. 1996 – Oxygastra curtisii au roc de Chère : fin provisoire de l’énigme. – Sympetrum, 9 : 27-29.
  • Coppa G. 1990 – Nouveaux départements français pour Epitheca bimaculata (Charpentier, 1825) (Odonata, Anisoptera : Cordulidae). – Martinia, 6 (2) : 37-39.
  • Coste A. 2011 – Etat des lieux des connaissances des populations de trois libellules d’intérêt communautaire en Midi-Pyrénées : Macromia splendens, Oxygastra curtisii et Gomphus graslinii. – Conservatoire d’espaces naturels de Midi-Pyrénées : 33 pp.
  • Defontaines P. 2007 – Nouvelles données d’Oxygastra curtisii (Dale, 1834) en Loir-et-Cher (Odonata, Anisoptera, Corduliidae). – Martinia, 23 (4) : 136.
  • Defontaines P. 2012 – Richesse odonatologique d’une mare artificielle. – Martinia, 8 (2).
  • Doucet G. 2009 – Suivi de l’émergence d’Oxygastra curtisii (Dale, 1834) et de Gomphus graslinii Rambur, 1842 sur un étang du centre de la Dordogne (Odonata, Anisoptera : Corduliidae, Gomphidae). – Martinia, 25 (4) : 157-164.
  • Dupont P. (coord.) 2010 – Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. – OPIE/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp. – PDF LINK
  • Grand D. 1998 – Calopteryx haemorrhoidalis et Oxygastra curtisii dans le Rhône suivi d’autres observations sur ce département. – Sympetrum, 11 : 7-10.
  • Herbrecht F. & Dommanget J.L. 2006 – Sur le développement larvaire d’Oxygastra curtisii (Dale, 1834) dans les eaux stagnantes (Odonata, Anisoptera : Corduliidae). – Martinia, 22 (2) : 89-94.
  • Iorio E. 2012 – Nouvelles observations de Gomphus graslinii Rambur, 1842 dans le Canal de la Vallée des Baux à Arles (Bouches-du-Rhône) (Odonata, Anisoptera : Gomphidae). – Martinia, 28 (2).
  • Neveu G. & Hubert A. 2013 – Sites d’émergence d’Oxygastra curtisii dans le département de la Somme (Odonata : Corduliidae). – Martinia, 29 (2).
  • Rudelle R. 2012 – Inventaire des libellules d’intérêt communautaire (Macromia splendens, Oxygastra curtisii, Gomphus graslinii) dans le site Natura 2000 « Haute vallée du Lot entre Espalion et Saint-Laurent-d’Olt et gorges de la Truyère, basse vallée du Lot et le Goul ». – LPO Aveyron : 9 pp.
  • Ternois V. 2006 – Sur la présence d’Oxygastra curtisii (Dale, 1834) dans le Parc naturel régional de la Forêt d’Orient et le département de l’Aube (Odonata, Anisoptera, Corduliidae). – Martinia, 22 (3) : 99-107.
  • Ternois V. & Barande S. 2005 – Oxygastra curtisii (Dale, 1834) en région Champagne-Ardenne (Odonata, Anisoptera, Corduliidae). – Martinia, 21 (1) : 17-30.
  • Ternois V., Lambert J.L. & Fradin E. 2007 – La Cordulie à corps fin Oxygastra curtisii (Dale, 1834) : état des connaissances pour le Parc naturel régional de la Forêt d’Orient (Odonata, Anisoptera, Corduliidae). – Courrier scientifique du Parc naturel regional de la Forêt d’Orient, 31 : 77-87.
  • Ternois V. & al. 2009 – Sur la présence de la Cordulie à corps fin sur la vallée de la Voire (site Natura 2000 n° 50) – Prospections 2009. – CPIE du Pays de Soulaines / Chambre d’Agriculture de l’Aube : 9 pp.
  • Ternois V. & Lambert J.L. (coord.) 2011 – Oxygastra curtisii (Dale, 1834) en Champagne-Ardenne : bilan du programme régional 2007-2009 (Odonata, Anisoptera : Corduliidae). – Martinia, 27 (1) : 45-60.