Odonatologie française de 1323 à 2017


France, Histoire odonatologique / samedi, juin 13th, 2020

Historique des références essentielles de l’Odonatologie française

La plus ancienne Libellule identifiable que nous ayons trouvé se trouve dans le Bréviaire de Belleville présenté par Pucelle, elle date de 1323-26 et provient de France. Il s’agit probablement de Calopteryx xanthostoma.

Extrait du Bréviaire de Belleville (Pucelle 1323-26)
Cette planche montre un Calopteryx relativement conforme à xanthostoma

Déjà en 1575, il est possible sur les planches d’Hoefnagel, de découvrir une dizaine d’espèces françaises, dont huit nous semblent identifiables.

La première synthèse relativement complète sur la biologie des Odonates a été rédigée par de Réaumur en 1742 dans un chapitre nommé Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles.

En 1789, de Villers décrit Libellula tenella (Ceriagrion tenellum) qui est le premier taxon décrit de France pour la Science.

Hormis des éléments dispersés ou dans le cadre de quelques synthèses régionales ou locales, il n’y a guère d’informations sur les Odonates de France jusqu’au début du XXe siècle. Seul de Selys Longchamps (1840, 1850) aura fait une brève synthèse pour la France notamment en 1850, ce, au sein d’autres synthèses du même type pour les pays d’Europe. A cette date le nombre remarquable de 73 espèces est disponible pour la France (voir Généralités sur les Odonates de France de 1323 à 1850). On trouve alors une présentation de René Martin publiée en 1931. Toutefois celle-ci avait été précédés de travaux méconnus publiés vers la fin du XIXe siècle (Martin 1888, 1889). Il nous faudra consulter ces derniers.

Des éléments précis sur les Libellules de France se trouvent dans l’ouvrage d’Aguesse (1968) sur les Odonates de l’Europe occidentale.

Dès 1980, Jean-Louis Dommanget pose les premières bases de la protection des Libellules en France.

En 1987 paraît l’Etude Faunistique et Bibliographique des Odonates de France rédigée par Jean-Louis Dommanget et accompagnant le programme INVOD (Inventaire des Odonates de France). Outre un état de la bibliographie, cet ouvrage rends compte de chaque espèce et dresse un statut en Liste Rouge de celles-ci. Un Atlas cartographique issu des données de la litterature est fourni avec une échelle de précision départementale. Il n’y a pas eu depuis de synthèse bibliographique complète néanmoins un récapitulatif de Martinia paru [à préciser] peut jouer pour partie ce rôle, ainsi que le Plan National (Dupont 2010) qui reprends un nombre important de publications.

L’Atlas préliminaire des Odonates de France, issu du programme INVOD réalisé avec le Muséum de Paris comprends les données récoltées sur le terrain par de nombreux observateurs (Dommanget 1994). Une synthèse suivra, mais sans cartographie (Dommanget & al. 2002).

Un premier ouvrage sur Libellules de France (Belgique et Luxembourg, puis Suisse) est rédigé par Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot (2006), il sera complété par un ouvrage paru dans la collection des Cahiers d’identification (Grand & Boudot 2014). Ces deux ouvrages seront réédités de manière augmentée respectivement en 2017 et 2019. Si ceux-ci renseignent sur la biologie et la répartition des espèces, ou apportent des éléments sur les exuvies, un petit ouvrage de poche concernant simplement l’identification est édité en 2011, avec réédition similaire en 2012 par Jean-Laurent Hentz, Cyrille Deliry et Christophe Bernier. Enfin par sa couverture en terme d’espèces, l’Atlas illustré des Libellules de la région Rhône-Alpes présente une dimension intéressante pour les Odonates de France. En effet les monographies d’espèce très complète apporte des éléments originaux sur les espèces françaises. Avec une dimension continentale il convient de souligner les ouvrages de d’Aguilar & Dommanget (1985, 1998), van Tol & Verdonk (1988), Askew (1988, 2004), Wendler & Nuss (1997) ou Dijkstra & al. (2006, 2007, 2009, 2017, 2018) apportent de précieuses informations sur les Odonates de France.

Les ouvrages sur les exuvies (voire les larves) sont initiés par celui de Heidemann & Seidenbuch (2002). Suivra celui de Guillaume Doucet dont la première édition date de 2010. Chaque édition suivante sera révisée et complétée.

Le Plan National en faveur des Odonates dans sa première mouture est préparé sous la coordination de Pascal Dupont en 2010. Une version de travail de ce document avait été proposée en 2009.

L’article de Xavier Houard et Cédric Vanappelghem paru en 2011 fait un tour d’horizon synthétique et complet sur l’odonatologie française.

La dernière version de la Liste de référence des Odonates de France paraît en 2012. Il s’agit avec la liste à extraire du site de l’INPN (TaxRef), d’une des deux liste de référence pour notre odonatofaune.

On l’attendait depuis longtemps, alors qu’une première édition datait de 1987 et des compléments de 1994 (Maurin 1994), il n’y avait toujours pas de Liste Rouge des Odonates de France. Cette lacune est levée en 2016 dans la synthèse pilotée par l’UICN France et structures affines. Un rapport complet d’évaluation est édité l’année suivante (Moncrops & Siblet 2017). Une version transitoire avait été proposée officieusement en 2009 (Dommanget & al. 2009).

Les 6e rencontres odonatologiques de France tenues les 20 et 21 octobre 2017, furent un franc succès puisqu’elles rassemblèrent 140 naturalistes, scientifiques, amateurs et passionnés sur le thème des Libellules : le juste milieu ? Entre naturalité et intervention. Ces rencontres couplées avec les 14e rencontres Bourgogne-Nature se sont déroulées à la Maison du Parc Naturel Régional du Morvan à St Brisson dans la Nièvre. L’Assemblée Générale de la SfO s’est déroulée en parallèle. Le détail de ces rencontres est présenté sur le site de Bourgogne-Franche-Comté Nature.

Bourgogne-Franche-Comté Nature n°27 est dédité au thème pour partie objet de ces Rencontres Odonatologiques (Abonnement).

Références

  • Pucelle J. 1323-26 – Breviarium ad usum fratrum praedicatorum. – Bréviaire de Belleville. – Manuscrit.