Nehalennia speciosa (de Charpentier, 1840)

Déesse précieuse [olim]

NT 2001 Biosphère – CR 2009 Bassin méditerranéen – VU 2010 Europe – CR 2016 (CR 2009) France

Espèce eurasiatique selon deux éléments disjoints : depuis (la France) le centre de l’Europe au sud-ouest de la Sibérie d’une part et à l’est de l’Asie paléarctique d’autre part, depuis le secteur de l’Amour à la Corée et au Japon. En Europe de l’ouest les populations sont très fragmentées. Nouvellement trouvée en Suisse au niveau du Lac de Neuchâtel et retrouvée en France dans le sud du département du Jura alors qu’elle n’avait pas été citée pendant plus d’un siècle. Disparue de Belgique et du Luxembourg.

Les dépressions tourbeuses de bas-marais à proximité de lacs comme à Neuchâtel sont favorables à l’espèce. Les hautes tourbières au niveau des fosses d’exploitation abandonnées sont aussi exploitées. Elle aime les eaux peu profondes, mais à niveau à peu près constant, à végétation peu dense, notamment de Carex. On ne la trouve pas au dessus de 900 m d’altitude en Europe de l’ouest. L’espèce est capable de déplacements (5 km), bien que l’essentiel de la population soit casanière. La colonisation de nouveau habitats est rapide pour peu que des populations établies se trouvent à proximité (moins de 10-12 km).

En Europe occidentale les adultes volent de début juin à début août, de manière optimale en juillet. Développement larvaire en un ans, mais une petite proportion des larve se développent en 2 ans.

PNAO (2011-2015) – Les mentions de cette espèce sont masquées sur Faune France.

Citée en France par un naturaliste de Chambéry, Bailly, dans de Selys Longchamps (1876), un individu de la région se trouve par ailleurs dans la collection d’Eugène Foudras, un naturaliste lyonnais du XIXe siècle. S’en suivent des indications sur les Savoies par les auteurs qui ont regardé de manière optimiste probablement cette espèce comme « assez commune » sur ce secteur (erreur d’interprétation probable). Elle a été retrouvée en 2009 dans le sud du département Jura sur une station qui bien que fragile et gardée secrète se révèle pérenne. Dupont (2010) préconise la recherche de la Déesse précieuse notamment dans les régions de l’est de la France. Celles menées en Savoie depuis sa redécouverte dans le pays, et celles d’ailleurs antérieures, y compris en Haute-Savoie, se sont révélées pour l’instant vaines. Je préconise de la chercher en Albanais, sur le Plateau d’Evires et sur les piémonts de la Chartreuse vers Chapareillan.

Références

  • Dupont P. (coord.) 2010 – Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. – Opie/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp. – PDF LINK