Leucorrhinia pectoralis (de Charpentier, 1825)

Leucorrhine à gros thorax [olim]

syn. – Libellula pectoralis de Charpentier, 1825

LC 2009 Bassin méditerranéen – LC 2010 Europe – EN 2009 France [A préciser]

Berne (An.II) – Directive Habitats (An.II+IV) – Protégée en France

© Laurent Valette

Soulignons que cette espèce peut présenter des variations très importantes d’effectifs d’une années à l’autre. Sa détectabilité et la définition de son autochtonie ne sont pas chose simple à résoudre, surtout dans le cas de petites populations locales (Houard & Merlet 2014).

C’est de Selys Longchamps (1850) qui publie clairement la première mention en France, notamment de Bondy et Fontainebleau en région parisienne, néanmoins il est très probable que de Villers (1789) fasse déjà référence à cette espèce lorsqu’il parle de Libellula rubicunda dans la région lyonnaise.

Signalée sous Libellula rubicunda, cette espèce n’est pas rare vers Lyon (de Villers 1789). Elle est précisée vers Bondy et Fontainebleau en région parisienne, nord du pays (de Selys Longchamps 1850). Elle habite le nord et l’est de la France, ainsi que les Landes. Elle descendait jusque dans la Drôme d’où elle a disparu. Manque en Corse. C’est une espèce en limite occidentale de répartition en France. Si elle semble stable en Aquitaine, dans les Vosges ou le Jura, elle est fragile dans d’autres zones (Moncorps & Siblet 2017).

Espèce eurosibérienne, aussi dite ouest-sibérienne. La Leucorrhine à gros thorax se trouve principalement en Europe centrale et septentrionale. Elle est plus éparse en Europe occidentale, notamment en France où elle est localement en déclin (Deliry 2017).

PNAO (2011-2015) – Dommanget (1987) la place en Liste Rouge (3/5 – Très localisée mais observée assez régulièrement). L’Atlas national (Dommanget 1994) n’apporte que peu de nouveaux départements : Ain, Jura, Aisne, Aube et Marne, si bien que ce sont essentiellement des connaissances plus récentes qui motivent la cartographie donnée ci-dessous. Une indication des Pyrénées-Orientales (Aguesse 1958) pourrait paraître douteuse, mais couplées avec des indications en Ariège et en Espagne voisine, celle-ci prend plus de réalité. La Dombes était réputé posséder la plus grande population du pays (Dupont 2010), mais cette notion semble à réviser et l’espèce pourrait y être en très fort déclin.

Cartographie Odonatologie française (2019) – ©© byncsa – Cyrille Deliry
Sources – INPN (2019), Faune France (2019), Société française d’Odonatologie (2006), Dommanget (1987)
En bleu se trouvent les départements simplement visités (erratisme, voire mini invasions)

Cette espèce est masquée sur Faune France. On y trouve sur la période 2009-2019, 277 données rapportées par 95 observateurs concernant une période allant de fin avril à fin juillet (optimum de fin mai à mi juin), ainsi qu’une indication ponctuelle de début septembre (exuvie ?). 24% des mentions concernent le département de l’Ain, 19% le Cher, 11% le Doubs, 8% la Gironde et 5% la Marne, les autres départements occupés ne concernant guère plus de 3% des données nationales. En 2019 le département de l’Ain ramène 48% des 77 données annuelles, 16% pour le Doubs et guère plus de 6% pour les autres dépatrments concernés en 2019 : Cher, Gironde, Bas-Rhin, Deux-Sèvre, Haut-Rhin, Haute-Saône, Loire, Vienne et Yvelines.

Cartographie réalisée selon Faune France (2019) – © inside

Espèce réputée sténoèce, ce qui nous semble peu adapté. Elle s’observe sur certains marais et tourbières généralement à basse altitude. Elle dépasse toutefois les 1000 m localement (Deliry 2017), 1100 m dans le Jura selon une observation de J.L.Lambert. Dommanget (1987) donnait l’altitude maximale de 900 m dans le Jura, aux tourbières de Frasne. Une mention se trouve à plus de 2000 m pour un individu égaré en Oisans (Isère). Le niveau bas ou moyen de la végétation riveraine, l’absence de Roseaux et peut-être une certaine fluctuation du niveau d’eau semblent des éléments favorables à son développement, en particulier dans les régions de complexes d’étangs ou de mares. Les berges en pente douce ou couvertes de tremblants à Sphaignes sont favorables à la Leucorrhine à gros thorax. Elle ne semble pas tolérer les milieux évolués, si bien qu’elle aime les habitats régulièrement rénovés comme en Dombes – finalement nous concluons (C.Deliry, com. 2019) que les étangs dombistes ne sont pas favorables à l’espèce et que le principe d’évolage-assec accompagnée d’une démarche de pisciculture intensive ne lui conviennent pas ; les observations réalisées en Dombes, certes multiples, doivent correspondre à un certain erratisme de l’espèce à partir de populations sources somme toute particulièrement rares. Les travaux de Baux & Krieg-Jacquier (2018) vont bien dans le sens de ces conclusions. Ainsi Chassery (2018) aura contacté 25 imagos dont des comportements reproducteurs et aucune exuvie de découverte sur des étangs dombistes en 2018.

Dès que le temps se couvre les imagos se réfugient dans la canopée. Cette espèce est capable d’importants déplacement (mesuré par marquage à 100 km en Allemagne) et montre certaines capacités de colonisation rapide (Bönsel 2006). Néanmoins en Dombes une expérience de CMR réalisée par Greff (2000a) montre que malgré la proximité de sites occupés, les déplacements sont localisés et ne se font généralement pas entre les étangs. Les déplacements importants sont l’objet de quelques rares individus seulement.

Vole de début mai à fin juillet, optimum en juin (Dommanget 1987), d’avril à juillet (Deliry 2017) ; la date du 7 avril est données pour la région Poitou-Charentes (Précigout 2013). Cette phénologie est confirmée récemment pour le pays (Faune France 2019). Les émergences se poursuivent jusqu’à début juillet, mais la plupart on généralement eu lieu avant la mi juin. Enfin on ajoutera quelques observations pouvant se poursuivre jusqu’à fin août. La période de maturation dure entre une et deux semaines. Les adultes peuvent vivre jusqu’à 40 jours (Greff 2000). Développement larvaire de 2 ans, rarement de 1 ou 3 ans.

Alsace – C’est une espèce En Danger en Alsace (Moratin 2014).

Aquitaine – La présentation de cette espèce est bien détaillée par Baileux & Soulet (2013). C’est une espèce jugée Vulnérable dans la région. Si dans cette région, comme ailleurs, l’espèce se développe dans des étendues d’eau stagnante d’origine anthropique, notamment ici au niveau de trous d’eau créés pour lutter contre les incendis ou dans les étangs artificiels, en Aquitaine l’habitat majoritaire est d’origine naturel : lagunes des Landes de Gascogne. Que ce soit la Gironde ou les Landes on y trouve un réseau dense de telles lagunes qui favorisent le développement d’importantes populations. L’espèce a été découverte au cours du XXe siècle en Aquitaine et n’est initialement citée qu’en Gironde et dans les Landes sur la première moitié de ce siècle. Il en est toujours de même. Le taux d’autochtonie démontré par les observations est important par rapport aux autres région et notamment à Rhône-Alpes : il est de 43%.

Auvergne – Elle est en limite occidentaie d’aire de répartition (Gilard & Villepoux 2004). Une seule localité. Autrefois ponctuellement et de manière isolée sur les étangs de l’Allier (cf. Frat 2000) et les gravières du Puy-de-Dôme, non revue. Elle n’est connue que d’une seule tourbière du Cantal et se reproduit sur des habitats de très faible surface (cf. Delpon 2013). Elle a été vue toutefois récemment en Haute Loire. Elle avait été classée En Danger en 2004 (Gilard & Villepoux 2004).

Bourgogne – Elle est indiquée çà et là sur l’ensemble des départements de la Bourgogne (Ruffoni 2014).

Centre Val-de-Loire – En Danger (Sansault & Lett 2012). La Leucorrhine à gros thorax est connue sur l’ensemble des département de cette région. Découverte en 2004 dans le Cher, elle y a été noté sur 5 localités du sud de la Sologne dès 2009. Elle a été observée entre 1979 et 1991 sur 8 stations de la Brenne dans le département de l’Indre, auxquelles s’ajoute en 2010 une nouvelle donnée sur la Réserve Naturelle de Chérine. Elle est en Sologne dans le Loir-et-Cher depuis 1984 au moins, secteur où de nouvelles découvertes sont faites régulièrement depuis les années 2000. Le Loiret présente au moins 6 sites. Enfin elle a été découverte en 2012 en Indre-et-Loire et trois stations y sont rapportées. L’autochtonie de l’espèce sur les stations reste à étudier (Baeta & al. 2012).

  • Indre-et-Loire – Elle a été découverte sur ce département en 2012. On connaissait 8 stations en 2014, avec une première preuve de reproduction (Sansault 2014). Pourrait être en expansion, mais les efforts de prospection aillant considérablement augmenté recemment sur ce département, il peut simplement s’agir d’un effet observateurs.

Champagne-Ardenne – Espèce menacée, placée sur la liste rouge (Copa & al. 2007), elle est finalement classée En Danger. Il s’agit d’un des Odonates les plus rare de la région, l’espèce était connue sur cinq secteurs dans les années 1980 qui sont désormais difficiles à confirmer (Ternois 2011).

Franche-Comté – Assez rare, cette espèce est considérée comme En Danger dans la région (OPIE Franche Comté 2013).

  • Haute-Saône – Dans ce département certains sites comportant plus d’une centaine d’individus s’avèrent importants pour la conservation de l’espèce (Doucet & al. 2010).

Ile-de-France – Très rare, elle est classée En Grave Danger dans la région parisienne où son autochtonie n’est pas prouvée (Houard & Merlet 2014).

Languedoc-Roussillon – Aguesse (1958) signale l’espèce dans les Pyrénées orientales et n’a jamais été revue depuis. les auteurs suggère qu’elle est soit éteinte, soit la donnée initiale est douteuse ; cette donnée est généralement invalidée, néanmoins nous pensons que couplées avec des informations de l’Ariège et de l’Espagne voisine, elle a quelque réalité. L’espèce sera récherchée dans le cadre du PNAO (Jaulin & al. 2011).

Limousin – Indiquée par Martin au début du XXe siècle dans les Monts d’Ambazac, l’espèce n’a pas été revue depuis dans la région. On doit la considérer comme disparue : Disparue selon la récente Liste Rouge du Limousin. A actualiser toutefois… ainsi une mention ponctuelle de 2012, qui rappelons le est une année de mini-invasion dans le nord de la France, est-elle rapportée.

Lorraine – Il s’agit d’une des espèces les plus rares et discrète parmi les Odonates en Lorraine. Elle est caractéristique des tourbières et des étangs tourbeux des contreforts vosgiens méridionaux depuis le nord de la Haute-Saône à la Vôge. Elle a été découverte en 1986 sur la Tourbière de la Demoiselle à Saint-Nabord par Jean-Pierre Boudot, site qui est le plus remarquable de Lorraine. Des populations plus réduites sont connues sur d’autres stations situées sur Bellefontaine ou Fontenoy-le-Château. Elle a été trouvée à altitude intéressante en 2011 à Fedrupt, cote 765 m. Ses rencontres sont plus fortuites en plaine lorraine. Historiquement la Leucorrhine à gros thorax avait été signalée dans la Marne sur quelques étangs d’Argonne, elle était par ailleurs présente dans les Vosges du Nord à la fin du XIXe siècle, d’où elle a disparu (Cadiot 2012).

Midi-Pyrénées – Seules deux observations concernent cette région méridionale réalisées en Ariège dans les années 1980. Elles n’ont pas été réitérées.

Nord-Pas-de-Calais – L’espèce est étrangement classée en catégorie NA (Non Applicable) sur cette région (Gon & al. 2012). Il s’agit d’en préciser ici le motif : peut-être est-elle simplement présente lors de venues extrarégionales (massives) ?

Pays de la Loire – Il s’agit d’une espèce qui n’a été contactée qu’à de rares reprises. Sa plus ancienne mention est rapportée par Millet de la Turtaudière (1870) en Anjou. Depuis les mentions restent fort rares (Herbrecht 2012).

Picardie – L’espèce y a été douverte en 1987 dans l’Aisne (Gavory 1988). De mention exceptionnelle, elle est En Grave Danger dans la région. Elle est a priori installée sur une ou deux localitée, et, se montrant çà et là, elle devrait être ailleurs. En 2012 une dispersion importante depuis le Bénélux a conduit à diverses mentions non répétées depuis.

Poitou-Charentes – Espèce En Grave Danger (2007). Martin (1888, 1907) dans ses Tableaux synoptiques de la Faune de France et dans ses Odonates de Haute-Vienne a évoqué la présence de localisée de la Leucorrhine à gros thorax en Charente et dans la Vienne. Elle a depuis disparu de localité historiques ces deux départements. Revue localement sur ceux-ci, l’espèce ne se maintient que dans la Vienne et elle a été découverte en 1992 dans les Deux-Sèvre sur une station pérenne. Récemment on notera une mention en Charente-Maritime. L’espèce semble en augmentation sur les très rares sites qu’elle occupe (Précigout 2013).

© Groupe Sympetrum (2017)

Rhône-Alpes – Signalée sous Libellula rubicunda, cette espèce n’est pas rare vers Lyon (de Villers 1789). Il faut attendre ensuite 1965 pour trouver une nouvelle citation de l’espèce, alors en Isère, dans le Massif de Bonnevaux (Petti & Grangaud 1965). Très rare dans la région (Deliry & al. 2014b), c’est une espèce Quasi Menacée (2014), de même dans l’Ain, En Grave Danger en Isère et dans la Loire, jugée Disparue de la Drôme (2013). Pour ce dernier département nous pensons en définitive qu’il s’agissait d’un cas d’erratisme (C.Deliry, com.). La Dombes et la Bresse sont depuis les années 1990 l’objet de recherches précises et approfondies sur cette espèce (Greff 2000, Broyer & al. 2009… Chassery 2018). Ces populations sont réputées être les plus importantes en France et dans le Monde (Dupont 2010), ce qui semble désormais à réviser, tant leur déclin paraît important. Jugée en augmentation en Rhône-Alpes (Deliry & al. 2014a), elle a néanmoins clairement décliné ces dernières années, tout parficulièrement dans le département de l’Ain. Chassery (2018) semble le démontrer dans le cas de la Dombes. On a envisagé que les noyaux populationnels étaient relativement continus entre le Bas Dauphiné, l’Isle Crémieu, la Dombes et la Bresse. En effet elle se trouve dans les secteurs riches en étangs forestiers de plaine et diversifiés en végétation aquatique comme la Bresse, la Dombes, l’Isle Crémieu, le Massif de Bonnevaux. Elle est par ailleurs signalée ponctuellement en d’autres endroits de la région, y compris en erratisme en altitude. Malgré l’apparente importance du nombre de stations dans l’Ain, notamment en Dombes [1], le nombre de localités pérennes et occupées est très faible. On y a constaté un déclin de l’espèce ces dernières années. Les populations de l’Ain sont l’objet d’études régulières depuis les années 1990. En outre quelques stations de la Loire sont l’objet d’inventaires dans les années 2010 ; il en est de même ponctuellement en Auvergne, ou, dans l’Isle Crémieu depuis 2005. Après une longue et précise analyse de la situation locale en Bresse et des informations bibliographiques Krieg-Jacquier et Baux (2017) concluent que cette espèce n’est pas une Libellules des étangs, ni une espèce pionnière, son habitat originale est le lac tourbeux, le haut marais et le marais de transition abritant des gouilles, les fosses de tourbage accueillant l’espèce dans le cas des tourbières évoluées. La présence de la Leucorrhine à gros thorax sur des lieux dénommés étangs révèle, une tentative de colonisation de milieux appétant visuellement ou une colonisation réussie d’étangs abandonnés revenus à l’état naturel ou proche de celui-ci. Ces étangs évolués constituent de bons habitats de substitution pour la Leucorrhine à gros thorax.

  • Ain -La première mention dans le département a été rapportée par Daniel Grand le 15 mai 1989 avec 2 accouplements et pontes sur l’étang de Varax. Un total de plus de 280 données concerne la période 1989-2017. Un suivi régulier de l’étang de But est réalisé depuis 1999 et est l’objet de nombreuses publications (Amor 2013). L’étang de l’Herse à Pizay est l’objet de prospections et d’une étude approfondie menée par Grand (2010). Krieg-Jacquier & Baux (2017) font un point détaillé sur la conservation de l’espèce dans le département. La présence d’une mosaïque de petits plans d’eau d’âge variés constituant une sucession favorisent le renouvèlement des milieux et la pérennité d’une population de l’espèce. La protection du principal site (l’étang de l’Herse), seule localité où l’autochtonie de la Libellule a été révélée en 2017. Il s’agit par ailleurs en Dombes de réaliser une gestion raisonnée de rotation des étangs en suivant un cycle assec-évolage de manière à maintenir la métapopulation sur un secteur de chaîne de mosaïque d’étangs à différents stades d’évolution, un ennoiement des bordures avec ses hélophytes (Joncs, Scirpes, etc.) dès la deuxième année suivant la remise en eau, un évolage le moins long possible pour concilier l’évolution des hélophytes et structures végétales, tant dans l’étang et ses abords, avec le cycle biologique de Leucorrhinia pectoralis : recolonisation après la remise en eau, phase larvaire de deux années, émergence – de notre côté nous concluons que les étangs dombistes bien que visités par l’espèce ne sont pas favorables à sa reproduction et a fortiori à sa pérennité, aussi les préconisations de gestion de ces étangs telles que présentées ici ne sont pas compatibles avec l’espèce (C.Deliry, com. 2019). Les stations de la Dombes fonctionnent comme un puits, ils sont des pièges dans le cadre des esssais de reproduction de l’espèce (Baux & Krieg-Jacquier 2018) et le développement larvaire ne va pas à son terme. Les auteurs comptent un nombre de sites très limités occupés de manière pérenne par l’espèce. C’était le cas de l’étang de But dont l’assec en 2016-2017 est venu compromettre son retour, l’étang de l’Herse à Pizay qui est le site le plus remarquable de la région Rhône-Alpes et de manière supplémentaire les étangs de la fondation Pierre Vérots, ainsi que certains situés dans la Réserve départementale de Villars-lès-Dombes. D’autres sites à plus ou moins fort potentiel sont envisagés (Krieg-Jacquier & Baux 2017). Enfin en 2019 notamment une nouvelle localité est identifée en périphérie de la Dombes, ainsi qu’une autre en Bresse (Carcenat & al. 2019b).
  • En Isère c’est une espèce En Grave Danger (2013), égarée en Oisans et probablement pour partie erratique dans l’Isle Crémieu, elle n’occupe régulièrement que le Massif de Bonnevaux mais semble en expansion (Deliry & al. 2014b).

Quelques nouvelles conclusions (2019)

L’analyse de l’ensemble des informations précédentes permet de mettre en évidence quelques nouvelles conclusions ou résultats méconnus sur la Leucorrhine à gros thorax (C.Deliry, com.) :

  • Il s’agit une espèce capable de se disperser fortement, chose qu’elle semble faire régulièrement et parfois massivement comme en 2012 où le nord de la France et quelques autres localités furent touchées. Cette année là fut aussi celle des observations de Leucorrhinia rubicunda dans le nord du pays. Nous considérons en conséquence ici que dans divers cas et en absence d’observations répétées, les conclusions de disparition de l’espèce dans des départements en marge d’aire sont mal interprétées : c’est le cas de la Drôme par exemple. Nous considérons que divers départements ne sont que le fait d’erratisme et de venues exogènes (mis en bleu sur la carte synthétique plus haut).
  • Cet important erratisme se traduit par une dispersion de proximité autour de quelques stations pérennes. Les habitats les plus favorables sont prospectés par l’espèce qui peut alors sembler bien répartie, alors qu’elle ne se reproduit réellement que sur un nombre limité de stations.
  • C’est une espèce réputée pionnières qui préfèrerait des habitats anthropiques régulièrement rénovés par l’Homme : étangs dombistes, fosses tourbeuses… néanmoins elle occupe des habitats naturels au niveau des Lagunes des Landes de Gascogne. Dans les faits elle ne se maintien et ne se reproduit clairement que sur des stations naturelles ou des sites évolués et stables. Elle ne fait que visiter les étangs et ne s’y reproduit guère voire carrément pas. Les habitats sont généralistes dans l’est de l’Europe, mais plus spécialisés dans l’ouest du continent.
  • Il semble probable que les premières émergences soient désormais plus précoces de deux à trois semaines par rapport aux mentions antérieures, en particulier dans les stations les plus méridionales.

Références

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  • Greff N. 2003 – Suivi de la population de Leucorrhinia pectoralis sur l’Etang de But (St Etienne du Bois – 01). Rapport de synthèse 1999 à 2003. – Dossier d’Etude GRPLS, Hermine : 50 pp.
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  • Labarrère C. 2014 – Suivi de l’état de conservation et proposition de mesures de gestions pour trois espèces de la Directive Habitats-Faune-Flore en Dombes : Triton crêté (Triturus cristatus), Cuivré des marais (Lycaena dispar) et Leucorrhine à gros thorax (Leucorrhinia pectoralis). – Stage ONCFS sous la dir. de R.Chazal (ONC) et G.Rayé, Univ. J.Fourrier Grenoble 1.
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