Coenagrion mercuriale (de Charpentier, 1840)


Coenagrion, Coenagrion mercuriale, Espèces de France métropolitaine / dimanche, juillet 19th, 2020

Agrion de Mercure [olim]

NT 2001 Biosphère – NT 2009 Bassin méditerranéen – NT 2010 Europe – LC 2016 (NT 2009) France

Berne (An.II) – Directive Habitats (An.II) – Protégée en France

© Bruno Durieu – Pièces abdominales caractéristiques ; jeune mâle

Espèce atlanto-méditerranéenne. Afrique du Nord, ouest de l’Europe. Populations en déclin dans le nord et l’est de son aire de répartition : Angleterre, Belgique, Pays Bas, Allemagne, Suisse. Eteinte en Slovénie et Slovaquie (Grand & Boudot 2006).

Se trouve généralement dans des eaux courantes alcalines de faible dimension, de débit réduit à modéré, bien ensoleillées et riche en végétation aquatique, souvent en marge des vallées alluviales de plaine peu ou pas perturbées par les crues. L’optimum de l’espèce est partagé avec Potamogeton coloratus (C.Deliry et J.M.Faton, com.), on trouve encore dans la littérature Helosciadium nodiflorum ou Berula erecta. On connaît des stations dans des milieux très urbanisés, pourvu que les eaux soient favorables. C’est ainsi le cas à Valence dans la Drôme. Des habitats parfois vastes sont connus comme c’est le cas au niveau des sources de l’Hérault. De manière accessoire, l’Agrion de Mercure se trouve dans des marais tufeux alcalins à Choins ou dans des rus de prairies bocagères, habitats alors partagé avec Coenagrion ornatum. Par ailleurs de faibles populations se trouvent sur des substrats acides comme en Sologne ou en Bretagne, ainsi que sur certains cours d’eau de tourbières en Auvergne. Plus exceptionnellement des habitats saumâtres continentaux sont occupés comme en Lorraine ou dans les Hautes-Alpes (Plan de Phasy). Dans ces habitats supplémentaires les populations sont le plus souvent très faibles. Des habitats de maturation, voisins des gîtes larvaires sont occupés : zones herbacées ensoleillées, friches, lisières. Record d’altitude en Ariège où la cote de 1425 m est atteinte (Bonnifait & al. 2008), la grande majorité de populations se trouve sous 700 m (Grand & Boudot 2006). Manque en Corse. L’Agrion de Mecure se déplace peu, néanmoins certains individus explore leur espace et ont été notés jusqu’à 3 km de leur site d’origine.

Vole d’avril à début novemble dans la zone méditerranéenne. Développement larvaire en deux ans dans le nord de son aire, mais simplement d’un an dans le domaine méditerranéen où certaines populations semble selon nous bivoltines au moins partiellement.

La ponte est endophytique réalisée en tandem ou en solo dans des hydrophytes immergés ainsi que dans les parties émergées de végétaux. Diverses plantes aquatiques sont exploitées.

PNAO (2011-2015) – On trouve en France les plus importantes populations pour cet Agrion. C’est un espèce bien répandue, en particulier dans la moitié sud du pays. Les populations sont le plus souvent localisées dans la moitié nord.

Haute Normandie – L’étude des métapopulations de l’Agrion de Mercure par le Conservatoire des Sites Naturels de Haute Normandie dans la Vallée du Risle maritime est particulièrement avancée (Dodelin 2005, Houard 2007). Celle-ci mérite d’être étendue à l’ensemble de la région.

Ile de France – Une suivi de l’espèce est réalisé par la Société française d’Odonatologie en colaboration avec l’Office National des Forêts depuis les années 1990 en Forêt de Rambouillet.

Lorraine – Espèce en limite d’aire dans la région (Dupont 2010). Un plan d’action interrégional est préparé pour l’Agrion de Mercure avec la Belgiqe (D.Storms, com. in Dupont 2010).

Nord Pas-de-Calais – L’Agrion de Mercure, espèce localement exceptionnelle et en limite d’aire dans cette région, a été l’objet d’un inventaire régional spécifique de 2000 à 2002 (Caloin & al. 2003). Les stations de cette espèce restent suivies depuis de manière plus ou moins régulière.

Picardie – Espèce en limite d’aire de répartition dans cette région (Dupont 2010).

Provence Alpes Côte-d’Azur

  • Hautes-Alpes – Espèce Vulnérable (in Dupont 2010).

Rhône-Alpes – Cette région abrite probablement la plus importante population connue pour cette espèce. Notons qu’elle est l’objet d’un suivi depuis 1985 à la RN des Ramières du Val de Drôme (Faton & Deliry 2004), inventaire poursuivi et actualisé chaque année, y compris en 2019.

Références

  • Calouin F., Terrasse G. & Vanappelghem C. 2003 – Ecologie de Coenagrion mercuriale dans la Vallée de la Course (Pas-de-Calais). – Raport Groupe Ornithologique et Naturaliste du Nord-Pas-de-Calais.
  • Dupont P. (coord.) 2010 – Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. – OPIE/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp. – PDF LINK
  • Faton J.M. & Deliry C. 2004 – Surveillance des populations de Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) dans la Réserve Naturelle Nationale des Ramières du Val de Drôme (Odonata, Zygoptera, Coenagrionidae). – Martinia, 20 (4) : 163-179.
  • Hennequin E. 2007 – Etat des connaissances sur Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) en Limousin (Odonata, Zygoptera, Coenagrionidae). – Martinia, 23 (3) : 89.
  • Houard X. 2007 – Inventaire et diagnostic habitat de Coenagrion mercuriale. Site Natura 2000, Riesle, Guiel, Charentonne, 27. – Rap. di Conserv. des Sites Naturels de Haute-Normandie : 35 pp.
  • Schleicher J. 2008 – Mise en place d’un protocole de suivi complémentaire pour le suivi Coenagrion mercuriale sur le marais des Bouligons. Suivi des émergences de Coenagrion mercuriale. – Rapport FRAPNA Drôme : 23 pp.