Leucorrhinia pectoralis (de Charpentier, 1825)

Leucorrhine à gros thorax

© Laurent Valette

C’est de Selys Longchamps (1850) qui publie clairement la première mention en France, notamment de Bondy et Fontainebleau en région parisienne, néanmoins il est très probable que de Villers (1789) fasse déjà référence à cette espèce lorsqu’il parle de Libellula rubicunda dans la région lyonnaise.

Signalée sous Libellula rubicunda, cette espèce n’est pas rare vers Lyon (de Villers 1789). Elle est précisée vers Bondy et Fontainebleau en région parisienne, nord du pays (de Selys Longchamps 1850). Elle habite le nord et l’est de la France, ainsi que les Landes. Elle descendait jusque dans la Drôme d’où elle a disparu. Manque en Corse. C’est une espèce en limite occidentale de répartition en France. Si elle semble stable en Aquitaine, dans les Vosges ou le Jura, elle est fragile dans d’autres zones (Moncorps & Siblet 2017).

Espèce eurosibérienne, aussi dite ouest-sibérienne. La Leucorrhine à gros thorax se trouve principalement en Europe centrale et septentrionale. Elle est plus éparse en Europe occidentale, notamment en France où elle est localement en déclin (Deliry 2017).

Cartographie Odonatologie française (2019) – ©© byncsa – Cyrille Deliry
Sources – INPN (2019), Faune France (2019), Société française d’Odonatologie (2006), Dommanget (1987)
En bleu se trouvent les départements simplement visités (erratisme, voire mini invasions)

Leucorrhine à gros thorax en Dombes (01)

Chassery C. 2018 Identification et caractérisation des lieux de reproduction de la Leucorrhine à gros thorax (Leucorrhinia pectoralis) en Dombes (Ain). – Rapport de stage, Univ. Grenoble, Groupe Sympetrum.

Résumé

Une recherche des sites de reproduction de la Leucorrhine à gros thorax en Dombes a été réalisée à partir d’un échantillon de 53 étangs en 2018. Une caractérisation des habitats favorables à l’espèce avait déjà été menée en 2008. Avec les données récoltées cette année, la présence d’une ceinture de végétation de type joncs ou iris de 20 à 30 m de large sur 150 à 300 m de long ainsi que la présence d’un boisement ont confirmé le statut d’habitat favorable. De même, la présence néfaste de la roselière pour Leucorrhinia pectoralis a été corroborée. Malgré la présence d’habitat favorable sur le site d’étude, aucune exuvie n’a été trouvée, mais 25 imagos ainsi qu’un accouplement ont pu être détectés. Ce manque d’exuvies est sûrement dû à une dégradation des habitats par une expansion des cultures et une transformation des étangs, très couteux, pour favoriser la pisciculture et augmenter les rendements. Les conditions climatiques de plus en plus anarchiques avec des sécheresses répétées depuis les 10 dernières années ont asséché les étangs surtout en été. Cela a engendré une perte des larves, celles-ci ayant un cycle de 2 à 3 ans. Des mesures de gestion doivent être appliquées pour maintenir cette espèce dans la région.

Abstract

A search for reproduction sites of the Leucorrhinia pectoralis in Dombes has been realized with a sample of 53 ponds in 2018. Characterization of prosperous habitats for the species had already been conducted in 2008. With datas collected throughout the year, the existence of the presence of a rush or iris border vegetation of at least 20-30m over 150-300m and the presence of a afforestation have confirmed favorable habitat status. In the same way, the harmful presence of the reed bed for Leucorrhinia pectoralis has been corroborated. Even though favorable habitats can be found within the researched perimeter, no exuvia was found, but 25 imagos and a mating were detected. The lack of exuvia is probably due to the deterioration of habitats by an ever expanding cultures and the transformation of ponds, highly costly, to promote pisciculture and increase revenue. Anarchic climatic conditions and repeated droughts during the last 10 years have drained ponds, mostly in summer. This has reduced the number of larvas, whose ripening time is between 2 and 3 years. Management measures are needed to maintain this species in the region.